CAMPUS ALMA
Il s'agit d'une résidence étudiante de 88 studios aménagés, équipés et meublés d'une surface moyenne de 18 m², destinée à la société « Les Belles Années — Résidences étudiantes » à Marseille (13005). Dressé sur une parcelle de 420 m², le bâtiment abrite au rez-de-chaussée les espaces communs comme le hall d'entrée, l'accueil, la cafétéria/salon, l'espace de coworking, la laverie, l'espace fitness sur la cour à l'arrière, le local vélos ainsi que le bureau de l'intendance. Les logements s'élèvent sur les huit étages.
Implanté face à l'hôpital de la Timone dans le 5e arrondissement de Marseille, ce bâtiment de huit étages prend forme dans une parcelle contrainte et développe un programme riche et dynamique de logements pour étudiants.
Sa volumétrie simple est dictée par les impératifs d'un site voué à muter, où plusieurs immeubles cherchent les hauteurs.
Choix programmatique
Le Chemin de l'Armée d'Afrique est un axe routier important. Longeant l'hôpital de la Timone, il est fréquenté par les véhicules et notamment les secours. Nous avons pris le parti de ne pas mettre de logements en rez-de-chaussée afin d'y concentrer les espaces communs, plus en phase avec les entrées et sorties. Le bas de l'immeuble est traversant : d'un côté, il donne sur la rue et de l'autre, sur la cour intérieure végétalisée. Cette idée de transparence, qui provoque le dialogue avec l'extérieur, est née des échanges avec le service d'urbanisme de Marseille durant les Commissions Techniques Urbaines.
Choix architectural
L'enjeu principal consistait à briser la monotonie qu'impose le programme. Afin d'éviter la répétition de fenêtres toutes identiques et de dimensions calibrées d'avance, nous avons cherché des astuces dans la couleur, le rythme et le désalignement.
Scindée en trois parties, la façade sur rue marque son soubassement et son couronnement.
Le soubassement
Traité en panneaux de bardage stratifiés dans un camaïeu de rouges, il a pour objectif de mettre en valeur l'entrée des logements en l'incorporant à toute la largeur du bâtiment. Ses lignes droites et diagonales ont pour but d'interpeler le regard, de créer le retrait abritant le porche et de connecter avec les voisins proches.
Nous avons volontairement cherché un effet graphique afin d'intégrer la composition géométrique dans un sujet fatalement cubique imposé par la parcelle, jusqu'au dessin de la rampe PMR qui se veut « refuser » l'orthogonalité imposée.
La façade sur rue (du R+1 au R+8)
Le programme strict de logements étudiants entraîne inéluctablement la répétition en mode « copié-collé ». L'élément principal de la façade étant le percement, nous avons cherché à éviter la monotonie figée.
En plus de la question de l'ordonnancement, ces fenêtres orientées sud doivent aussi proposer des solutions pour éviter la surchauffe des logements en été sans consommer d'énergie pour les refroidir.
Nous avons tiré avantage de ces deux contraintes — esthétique et confort — pour upgrader les fenêtres par la mise en place de dispositifs de protection solaire. Pour des raisons de comportement thermique, de sécurité incendie et d'économie de projet, les châssis devaient avoir les mêmes dimensions. Rien n'empêchait, cependant, les jeux géométriques des habillages autour.
Les encadrements métalliques font office de casquettes pour le confort d'été tout en insufflant une animation dynamique, tant par les formes que par l'alternance de touches colorées, du rouge au bleu.
Le couronnement
Il est souligné par un acrotère plus important sous la forme d'un bandeau bleu ciel, reprenant le décroché chromatique du soubassement.
La façade nord
Son expression est sobre, alignée, rangée. En son centre, un grand pan de mur sur lequel s'adosse l'escalier central est devenu l'occasion d'apporter, à nouveau, la nécessaire couleur en architecture. Cette colonne verticale reprend la palette chromatique présente dans le bâtiment, du rez-de-chaussée aux étages, de la façade sud à celle exposée au nord.
Performance énergétique
Les dispositifs de protection solaire, l'isolation thermique extérieure, les menuiseries performantes et la cour végétalisée confèrent à l'opération des performances énergétiques très satisfaisantes :
- DPE — Classe énergie B (66 kWh/m²/an). Le seuil de la classe B s'étend généralement de 71 à 110 kWh/m²/an : avec 66 kWh/m²/an, le bâtiment se trouve techniquement sous la barre des 70 kWh/m²/an, ce qui l'approche de très près des exigences d'un bâtiment basse consommation (classe A).
- GES — Classe climat A (2 kg CO2/m²/an). Le palier A requiert moins de 6 kg CO2/m²/an : le bâtiment impacte très faiblement l'environnement au regard des exigences sur les émissions de gaz à effet de serre.